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Hommage mortuaire

undefined À la douce mémoire de notre adorable Daniel, mort subitement à l'âge de 18 ans, par noyade dans un accident de voiture le 27 mars 2007, undefined et pour sa fille, orpheline de naissance.  

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Mercredi 28 mars 2007

Mercredi 28 mars 2007.  Il est 1h25 du matin.  Hier, à la même heure, mon fils aîné Daniel perdait la maîtrise de sa voiture sur l'autoroute 20, qui après avoir capotée, a terminé sa course dans un fossé rempli d'eau, pour se noyer.   J'arrive de l'hôpital Général pour y avoir passé une grande partie de la journée et j'ai les yeux boursoufflés, le coeur éclaté et un marteau n'arriverait pas à enfoncer le mal de tête que j'ai dans le front et les tempes.  Daniel, ta maman est inconsolable elle aussi.  De l'entendre s'écrier "QUELLE CHIENNE DE VIE" avec tout l'air qu'il lui reste dans les poumons, oui,  elle a eu bien plus que sa part de misère.  Le médecin nous a confirmé que tes chances de survie sont nulles, des suites de ton ACV et des suffocations cérébrales, dont l'une a été décrite comme extrême comme le médecin, ce qui continué avec les convulsions.

La veille, j'ai passé la journée à titre de primo dans des bureaux de vote de Laval-des-rapides, ma circonscription, et j'ai parlé avec grande fierté de mon fils aîné qui allait voter pour la première fois.  Je savais en plus, sans le dire, qu'il allait appuyer le parti dont j'ai été l'un des 10 premiers candidats (poteaux!) présentés par M. Jean Allaire, à l'élection de 1994.   Et on m'a confirmé que t'étais allé porter un cadeau d'anniversaire pour ta petite soeur Carolane à l'heure du souper.

Il venait de se prendre son premier appartement avec sa ravissante copine Emmylou dans le petit village des Coteaux.   Il travaillait à Valleyfield depuis déjà quelques années, ayant été celui qui cuisinait les repas aux Rôtisseries St-Hubert.   Daniel est l'idole de ses 3 frères et 2 soeurs.  Daniel est un Amour - je discutais ce soir avec le papa de sa copine et il n'avait que des éloges à faire de mon fils.  Je vous l'écris et que c'est pénible de vivre toute ma douleur.

Je suis fier de toi, et fier de te l'avoir dit aussi souvent qu'il m'était possible de le faire.  Tu es le genre de fils que chaque papa rêve d'avoir, que chaque frère veut ressembler, et que chaque petite soeur va rechercher ta copie dans son futur prince charmant.  Et je suis fier de t'avoir choisi, d'avoir voté pour toi dans mon coeur de papa.

Tantot, quand Emmylou t'a donné un petit bec sur la joue en te chucottant "je t'aime", j'aurai tout fait pour pouvoir te donner ce qui te manque, de te donner ma vie en retour de ta souffrance.   Je te vois avec tous ces tubes et appareils et j'aurais juste le goût de te prendre dans mes bras et de te serrer aussi fort que j'en suis capable.

À la naissance de tes frères jumeaux, une chanson intitulée "one" envahissait les ondes.  Quand je t'ai vu dans ton lit de l'hôpital général, j'ai immédiatement pensé aux images du vidéo de cette chanson, en plus de me rappeller une des phrases prononcées par le père....  For Democracy, Any Man Would Give His Only Begotten Son.  Tu sais, j'étais vraiment fier de ton tout premier geste électoral pour notre démocracie, mais jamais j'aurai cru te perdre une heure après la fin des derniers discours.  C'est de la cruauté inhumaine de vivre la perte de son fils.

Daniel,  tu me manques déjà d'une si cruelle façon.  Ce samedi passé j'avais la dernière chance de t'entendre parler,  je te taquinais d'avoir demandé à ta maman pour qui voter, et que je suis donc content de t'avoir dit "je t'aime" avant peser le petit rouge de mon cellulaire. 

Daniel, je t'aime.  Pardonnes-moi de ne pas avoir été le papa toujours présent que tu aurais tant mérité.   Tu aurais été un papa tellement extraordinaire.  Si quelqu'un lit ce texte et peut m'aider à faire l'effet papillon, écrivez-moi svp, je voudrais prévenir cette tragédie.  La vie est injuste.

Tu n'auras eu droit qu'à un vote dans ta vie.  Saches que c'est toi mon grand qui l'aura toujours dans mon coeur, mon vote. 

 P'pa xxxxx

MISE A JOUR:  Jour 2 (en 2 publications:)

http://unvote.over-blog.com/article-6200582.html

http://unvote.over-blog.com/article-6200602.html

 

Par Jean François Gagne
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Jeudi 29 mars 2007
DANIEL LITALIEN  (1988-09-02 -- 2007-03-27) 

Mercredi après-midi, Il est 15h32.  Emmylou est inconsolable.  

Nous sommes près d'une quinzaine dans l'étroite chambre autour de mon grand étendu tranquillement, avec les appareils qui le font respirer régulièrement.  La tonne de branchement autour de son crâne n'y est plus, le collet cervical non plus. 

Il y a une odeur indescriptible dans la chambre.  Ça ressemble à celle de la peau après avoir enlevé un plâtre.

Je dépose le petit chaton noir en peluche avec le ruban or à côté de mon fils.  Tout près de son oreille droite, comme l'ont surement fait les chats qu'ils y a adorés dans chacune des maisons où il a vécu.

Dans moins de 10 minutes, à 15h41, le docteur nous annoncera que Daniel n'est plus, qu'il a "passé".    Il est "brain dead".  Aucune activité cérébrale, c'est confirmé par deux médecins.  Alexandre ne le savait pas encore, il avait lu dans le journal de Montréal ce matin que son frère était "hors de danger".  Il allait apprendre avec stupéfaction que son grand frère, son idole, n'allait pas survivre.

On va ensuite discuter du don d'organes.  Daniel n'avait rien signé sur sa carte soleil.  Sa maman et moi allons décider plus tard que Daniel aurait voulu faire don, nous en sommes certains.  Il pensait toujours aux autres.  D'ailleurs, sa petite soeur Maggye, âgée de 7 ans, a subit 3 transplantations coeur-poumons.

Je donne aussi la toute dernière paye de Daniel, que j'ai récupéré chez son employeur en allant chercher Daniel.  Caroline ouvre l'enveloppe et en regardant son chèque de paye avec le talon des déductions, elle fond en larmes.  J'avais pris soin d'annoncer à son employeur que les chances de notre Daniel était très très faible.

(je vais élaborer un prochain texte sur l'arrivée des frères et soeurs de Daniel, pour venir prendre acte de la mort de leur frère - c'est trop lourd, BEAUCOUP trop lourd à écrire ça ce soir, je m'en excuse de sauter ces moments)

Le journaliste de LaPresse, Tristan Péloquin, m'a téléphoné une seconde fois pour prendre des nouvelles, et il est environ 15h50, je triche pour la 1re fois à répondre sans regarder à mon cellulaire pendant que j'ai la main sur Daniel, et que je lui confirme que c'est fini, Daniel a perdu son combat.  Il est bouche-bé, moi aussi.  Peu de temps après, je descend en bas faire quelques téléphones aux amis et à la famille, et M. Péloquin vient à ma rencontre à l'entrée de l'hôpital, me serrer la pince et m'offrir ses sympathies.  Merci Tristan.

Plus tôt ce matin, en écrivant au Journal de Montréal par courriel, je reçois un courriel de Stéphane Gendron, s'excusant de ne pas avoir visité Daniel à l'hôpital comme il l'avait annoncé à la toute fin de son émission "couvre-feu".  Je lui avais téléphoné durant une pause pour lui dire ce qui venait d'arriver, en lui demandant comment "dealer" avec ça, lui qui a aussi plusieurs enfants et a vécu un deuil de l'un d'eux.

Après son émission, M. Gendron a été requis par la direction qui lui a annoncé la "mort" de son émission.  Il a pris le temps de m'écrire ce courriel avant de quitter pour Québec, et j'en suis très touché.  J'ai imprimé quelques texte pour la maman de Daniel, parce qu'être maman monoparentale avec 6 enfants, maintenant 5 comme elle a bêtement lancé lors d'une rencontre pour les dons d'organes, elle a besoin de savoir qu'elle n'est pas seule dans sa douleur.

Oui je suis inquiète pour elle.  Je ne me souviens pas l'avoir déjà vu si démoli.  Nous garderons les enfants pour les prochaines journées afin qu'elle puisse se reposer.

L'absence de Daniel est lourde, cruelle, incompréhensible.

Par Jean François Gagne
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Jeudi 29 mars 2007

9h00, elle me téléphone de l'hôpital, fâchée, très fâchée, et me lance: 

"on écrit dans le journal que mon fils est sain et sauf et que l'on ne craint pas pour sa vie, qu'il est hors de danger, et pourtant, je viens de passer une grande partie de la nuit à côté de son cadavre, je n'aime pas ça"  - Caroline, la maman de Daniel

Elle me demande d'écrire par courriel à ce journaliste pour rectifier les faits.  Elle me demande aussi une brosse ou un peigne.  Elle se sent pas très bien qu'elle me confie.  Sa tante que à qui je suis allé laisser une note à sa porte à l'autre bout de Montréal, la dernière personne de la famille de Caroline qui est vivante, était arrivée en fin de soirée hier, mais était partie durant la nuit incapable de dormir convenacle sur le sofa lit de cette chambre exigüe.  Je ressents bien qu'elle est en détresse.  Je la rassure et je lui dit que je serai là tantôt.

Je n'ai toujours pas "vu" les images de la scène à la télé, je ne suis pas encore prêt.   Ma lecture d'un grand article d'une page dans le Journal de Montréal, au beau milieu des analyses politiques au lendemain des élections, m'explique une partie de la fin tragique de mon fils, avec le récits des premiers répondants.  Quand je lis ce que l'un d'eux écrit sur "les enfants", s'il savait comment on est JAMAIS prêt, et on ne pense jamais que ça puisse nous arriver à nos enfants.  JAMAIS.

Nous partons de la maison.  Les enfants ne savent pas la gravité de la situation, ils se sont empressés de lire dans le journal et lisent que leur frère s'en est sorti.  Je suis trop lâche pour leur annoncer que leur frère est déjà mort, selon ma compréhension des explications du médecin.  J'ai honte, vous ne savez pas à quel point.  Je bullshit à Annie et Caroline que c'est mieux comme ça que le journal dise cela, si jamais il prendrait du mieux par miracle, on ne leur aurait pas fait de peine inutilement. 

J'annonce à Caroline que j'allais acheter un toutou pour notre grand garçon.  Je lui dit tu sais le Mickey Mouse en Merlin, comme celui qu'il avait bébé, son Merlin qu'il adorait.  Je me disais que son Merlin pourrait faire le miracle que nous espérons tous.  On s'étouffe tous les deux au téléphone, on choke, même plus capable de simplement se dire "bye" au téléphone. On raccroche avec un "uh".

J'oublie tout.  J'ai presque plus d'essence et j'ai failli oublié d'aller en mettre.  On va déjeuner mais il est trop tard pour les déjeuners, alors on prend un dîner.  Pendant qu'Annie va chercher le repas, je reçois quelques téléphones, dont le journaliste de LaPresse, Tristan Péloquin, à qui j'avais envoyé un petit courriel ce matin avec le lien du blog.  On jase quelques minutes, et je lui confie que ce blog servira surement à nous aider à passer cette épreuve.  Notre chagrin est trop gros pour juste nous.

Ensuite nous allons acheter une brosse et un peigne pour Caroline.   J'ai beau chercher, rien à faire, un Mickey Mouse en Merlin, y'en a plus depuis probablement 18 ans!  Je fini par aller dans une animalerie et j'achète un petit minou tout noir avec un bandeau or.

J'arrive à l'hôpital vers 12h00.  Caroline est à l'urgence au rez-de-chaussé depuis 11h00, elle vient de craquer et n'en peut plus.  Elle obtiendra un "traitement de faveur" après quelques heures d'attente pour aller rencontré le docteur pour une annonce importante à propos de notre fils, couché et tranquille au 9e étage de l'unité des soins intensifs.  On lui a precrit et donné des Ativan, après je crois 4 heures d'attente.

La tante de Caroline me confirme que l'on a retracé mon fils Alexandre, qui n'était pas revenu de l'école hier, c'est lui qui avait reçu l'appel vers 2h du matin à la maison mardi.  On tente de lui trouver une façon d'être transportée de Valleyfield à l'hôpital, mais ça coûte un bras.  Je décide avec Annie d'aller le chercher, pour ensuite revenir prendre les enfants à Laval pour une visite de leur grand frère.

En allant chercher Alexandre, je me suis arrêté avec ma conjointe au lieu de son accident, aux Cèdres.   Ne sachant pas précisement où avait eu lieu l'accident, j'ai presque causé un accident en m'y arrêtant.  Je me stationne sur l'accotement.  Il y a des traces blanches sur la route, mais des grands "vides", les endroits où l'auto ne touchait même plus à la route.

Dans le fossé, il y a un pied d'eau, tout au plus.  Les miroirs de son Grand Prix et des verres de café vides écrasés jonchent par terre, dans la neige.  Les quenouilles se sont couchées dans la neige, comme des petits amortisseurs qui ont servi à arrêter à folle poursuite du véhicule de Daniel.  Nous faisons le tour, cette vision me glace le sang.  Je fini par déraciner la plus haute quenouille sur les lieux et je l'ai mise dans ma Caravan.  Comme Daniel est le plus grand de la famille, il me fallait prendre la plus haute quenouille qui a accompagné mon fils à sa dernière respiration vers son dernier repos.

Vers 15h00, le papa de Emmylou m'a téléphoné sur mon cellulaire alors que j'étais allé chercher mon dernier fils Alexandre, l'aîné des jumeaux, à la maison de sa maman à Valleyfield, et je devais aller chercher les autres enfants chez nous à Laval, j'étais rendu à Pointe-Claire, j'ai donc foncé vers l'hôpital, les minutes de Daniel était compté m'a-t-il dit.  Alexandre ne le savait pas encore, il avait lu dans le journal de Montréal ce matin que son frère était "hors de danger".  Il allait apprendre avec stupéfaction que son grand frère, son idole, n'allait pas survivre.

Annie téléphone à sa fille qui est avec les enfants pour leur dire d'attendre qu'ils ne pourront pas voir Daniel tout de suite, qu'il ne va pas bien.  Mélissa veut savoir, insiste à presqu'en faire perdre patience à sa maman.  C'est normal, ils ressentent que ça cloche, même si le journal disait  autrement.

Il est 3:13.  Nous arrivons devant l'Hôpital Général.  Le ciel est bleu me fait remarquer Annie, bleu sans aucun nuages.  Le vent est frais, mais il fait chaud.   Tout est LONG.  Tout prend un temps fou.  Ça n'avance pas.  J'ai l'impression que la tête va m'exploser, et pourtant, j'ai pris déjà 5 tylenols dans la dernière heure.

On arrive.  Je ne sais même pas si je suis en retard.  En entrant dans le corridor vers les ascenseurs, j'avais oublié de fermer mon cellulaire, et il sonne.  Je réponds, et c'est le papa de Emmylou à qui je dis:  Je suis en bas, et je l'entend dire à qq1 que le papa de Daniel arrive.  Le coeur veut m'éclater.

Par Jean François Gagne
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Jeudi 29 mars 2007

Daniel en ce moment sauve des dizaines de vie, grâce au choix de sa maman.    Encore une fois, Daniel va aider les autres, comme il était adorable.   D'assister au choix de Caroline - imaginez, on se fait demander quels morceaux on peut prendre, vous savez à quoi j'ai pensé sur le moment?    Le diamand de sang avec Leonardo DiCaprio.   Manches longues ou manches courtes.     C'EST UNE BONNE CHOSE le don d'organes, mais SVP, signez donc votre  carte, ça prend 15 secondes.  Pas demain, LÀ LÀ comme je dis si souvent à ma belle-fille quand elle me lance un "talleurs!"   Voici un guide que j'ai trouvé pour vous.  (lien pour don d'organes) .

C'est fait avec beaucoup de professionnalisme, et beaucoup de respect.  Oui il y a le ton légal, et l'emphase sur le réversible, Caroline aurait pu changer d'idée en tout temps la nuit dernière.  Mais son "ti-poux" va sauver d'autres vies et elle ne l'en empêchera pas.  Le questionnaire sur la santé est aussi un passage obligé bien désagréable, et ça c'est notre partie à Caroline et moi.  Emmylou devait faire une partie seule ensuite pour avoir les informations nécessaires.  Imaginez-vous comment ça peut être pénible? 

Ah oui, le petit toutou noir avec la boucle d'or, après avoir demandé à Caroline si elle était d'accord, je l'ai offert à Emmylou.  Je lui ai même dit de le prénommer.  À défaut d'avoir pu avoir des enfants avec celui qui aurait été le meilleur papa de cette planète, elle aura ce petit symbole pour serrer dans ses bras fort, fort, quand son Daniel ne pourra être là pour le faire lui-même, de la consoler dans les moments difficiles.    Emmylou, je t'aime xxxxxx

Par Jean François Gagne
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Jeudi 29 mars 2007

Ce matin, à mon réveil, j'ai fait le tour pour regarder les enfants dans leur sommeil.   J'avais juste le goût des réveiller et de les prendre dans mes bras.  J'ai pu dormir quelques heures, mais je ne donne pas de chiffre, j'ai appris de quelqu'un dont je vais taire le nom qu'il peut être judicieux de ne pas tout dévoiler les chiffres.     Mais je suis surement intoxiqué à l'adrénaline en ce moment. 

Et là, j'ai l'impression d'être dans un désert comme dans une b.d. de Lucky Luke.  Vous savez, le croque-mort qui prend les mesures et les vautours qui sont toujours dans les parages?  Ils ont vraiment le nez faim ces oiseaux là.  Ils sentent la mort de loin et sont toujours prêts à se précipiter sur le cadavre pour se gaver.

Il reste de difficiles étapes encore au moment où Caroline recevra la téléphone de l'hôpital que la tournée des dons d'organes est terminée, et que le coroner aurait fait son boulot.  Le choix est arrêté après un magazinage de salon funéraires.  J'ai pas trop compris, mais ça l'air que les crayons sont très gras quand vient le temps de faire des choix. 

C'est comme pour le remorqueur qui charge 285$ pour un parcours de 2 km.  Oui, oui, 2 kilomètres.   Bien sur, il s'est pointé sur place pour "watcher" et il veut être payé pour avoir fait le piquet à côté des quenouilles.   Y'en a-t-il d'autres vautours comme ça qui veulent soumettre leur honoraires pour avoir watcher sur le bord de la route la fin de notre enfant?   Le papa d'Emmylou s'en occupe, m'a-t-il dit, et c'est probablement aussi bien comme ça.  Le remorqueur Legault  passerait un méchant quart d'heure si j'y allais.  Ça me fait penser que nous devrions avoir une loi comme en Floride,  contre le "price gauging", l'arnaque des prix en cas de catastrophe.   Comme j'ai déjà entendu, il y aura toujours des rats pour manger dans vos poubelles.

Je sais bien peu de détails en ce moment.  On ne sait pas la date, évidemment, il faut attendre le coroner.  Ça serait une maison funéraire sur Côte-de-liesse, à Dorval, à cause de leur prix "abordable".  Je ne vous l'avais pas dit, mais Caroline a fait le choix de demeurer à la maison avec ses enfants, et ce depuis très longtemps.  Elle vit seule et n'a plus de conjoint depuis plusieurs années.  Je ne pense pas devoir faire un dessin ici pour décrire le niveau de ses moyens financiers. 

On pourra avoir 1 heure d'exposition à tombe ouverte pour montrer Daniel à tout le monde.   À tout le monde. 

Demain, nous devrons aller vider son appartement.   On va tenter de convaincre le propriétaire de Daniel de signer une décharge pour les deux derniers mois du loyer.   Il a accepté en fin de compte. Merci.

J'aimerais bien en profiter pour voir ces gens qui sont venus au secours de Daniel, aller les remercier et leur serrer la pince.  Ces gens, au beau milieu de la nuit, ont été extraordinaires.   Se rendre dans un temps records, retourner à la main, les pieds dans l'eau glaciale, pour sauver notre enfant.  MERCI, MERCI, MERCI.     Vous êtes des gens qui réussisent à nous donner espoir que nous sommes un peuple généreux.

Par Jean François Gagne
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Vendredi 30 mars 2007

En allant chercher Alexandre mercredi, je me suis arrêté chez l'employeur de Daniel, l'entreprise R. Lefebvre, situé tout près du pont Mgr Langlois à Valleyfield.   On m'a remis sa paye.  Je leur disais que Daniel ne reviendrait plus travailler à son travail.  Je pensais bien que Daniel avait travaillé pour la dernière fois de sa vie à ce moment.  Mais je me suis trompé.

Mon fils a réussi à se trouver un tout dernier boulot, depuis son accident.  Il a été sauveteur durant toute la journée.  Pas une job très payante, du moins pour lui monétairement.  Si j'ai bien compris hier, c'est près d'une dizaine de milliers de gens qui ont travaillé dans cette course contre la montre du dons de ses organes, et tout ça en moins de 24 heures.

Ce soir, j'ai appris de la tante de Caroline, qu'il y a eu notamment transplantation de son coeur avec succès, de ses reins avec succès, de son foie avec succès, de la cornée avec succès.  Comme il nous avait habitué, il a travaillé fort et a tout donné, tout partagé.   Plusieurs vies ont été sauvées.  Bravo mon grand.

Daniel, je te le disais aussi souvent que je le pouvais que je suis fier de toi mon grand.  Je le suis toujours très fier de toi, tu es un Ange.  Des morceaux de toi continuent à vivre au moment où j'écris ce texte.  

Une chose est certaine:  la personne qui a hérité de ton coeur est milliardaire aujourd'hui, jamais un aussi bon coeur n'aura été donné. 

 Daniel, je t'Aime.  Je suis très très fier de toi, ENCORE une fois.    xxxxx

31 décembre 2001 - Daniel a fait un "tete a claque" de la face de son frère Alexandre

Par Jean François Gagne
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Vendredi 30 mars 2007

Oui, on sait, le poisson d'avril.    Caroline épuisée, s'est effondrée pour un sommeil plus que requis. 

Je lui ai parlée à deux reprises aujourd'hui.  Elle a voulu aller lire vos commentaires mais a trouvé ça trop dure et ce sera partie remise qu'elle m'a confié.  Je lui ai confirmé avoir laissé un message au journaliste du journal de montréal, je n'avais pas eu de réponse par courriel et aucune "mise à jour" n'est parrue dans le journal.  Je pense (sans toutefois lui dire) dans mon côté cynique "pas grave, anyway, il sera dans la section nécrologie dans un journée ou deux!". 

Caroline insiste ensuite pour aller avec nous demain après-midi pour vider l'appartement de Daniel.  Je souligne d'abord que ce n'est pas nécessaire.  Elle insiste.  Je lui dit ok, mais qu'elle devra alors s'occuper de déménager toute seule le frigo avec les courries, on lui ouvrira les portes pour l'aider.   Elle doit se remémorer mes bonnes vieilles jokes plates qu'elle n'avait pas endurées depuis bien des années.  J'ai entendu, je crois à travers mes acouphènes, un petit sourire déplacer sa joue et frotter dans le téléphone. 

Frédérick, le plus jeune des frères de Daniel me demande ce soir à propos de demain pour aller vider lui aussi l'appartement de Daniel &  Emmylou.  Je lui répond que ça ne sera pas nécessaire, nous seront assez de monde pour faire ça.  Je vois dans son visage une tristesse qui vient me donner des sueurs froides dans le dos.  Avec sa petite voix remplies d'émotions, il m'ajoute que lui aussi voudrait descendre et de rester avec sa maman samedi, parce que c'est sa fête!

Tout à coup, j'ai l'impression d'être suspendu tel un gong japonais, et qu'un bâton vient de me frapper de plein fouet.  C'est la fête de Caroline le 1er avril.  Je faisais parfois référence à la poisonne d'avril dans les moments où nous étions en mode un peu plus adversarial.

Il y a un mois, le 21 février, une grande amie d'Annie, aussi prénommée Caroline, perdait son père d'un cancer, le jour de son anniversaire.

Rien pour m'aider avec les migraines et les acouphènes. 

Et c'est bien certain que Frédérick s'en souvient.  C'était la fête de sa soeur Carolane le soir avant que Daniel meurt, et la semaine prochaine, c'est sa fête à lui, le 6 avril.  Les trois béliers.  Carolane porte aujourd'hui le cadeau de Daniel, un chandail noir orné d'un bonhomme aux yeux en forme de coeur.

Par Jean François Gagne
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Vendredi 30 mars 2007

Commentaire:

Je fais un retour ici sur la dernière journée, pour raconter le dernier contact des enfants avec leur frère Daniel.   J'avais commencé ce texte, mais c'était trop lourd pour tout finir, ce pourquoi j'avais mentionné que j'allais écrire plus tard cette partie de notre dernière journée.   Déjà ma hantise, je sais que j'en oublie.  Je viens de terminer d'écrire le texte qui suit, et je sais qu'il manque un tas de séquences.  C'est pour ça que ce blog est si important.  Avant de tout avoir oublié tellement ces moments sont lourds en émotions, je préfère l'écrire pour l'immortaliser.

J'ai remarqué que les enfants ont à plusieurs reprises été voir vos commentaires, en ont écrit, ont reçu des courriels.  Hier soir, Annie m'a dit "t'as bien fait.  C'est une bonne chose.  Je le comprend maintenant encore plus."  Annie a tout lu je crois, et m'a dit que je vais avoir de beaux commentaires à lire et à savourer.  Je ne suis personnellement pas prêt.  Je crois sincèrement que Caroline en a beaucoup plus besoin.  Elle se sent très seule malgré ses enfants.

Annie m'a parlé d'une dame qui songeait au suicide et qui a changé d'idée à la lecture des douleurs que ça fait.  Des premiers répondants, des partages nombreux, des amis de Daniel, des amis des enfants, ouff, c'est beaucoup d'amour qui va avoir dans ce nouveau corps de Daniel.  Je disais hier vouloir faire renaître Daniel dans le blog.  J'ai des photos numériques depuis 2001, et des vidéos analogique de Noël 2005.   En 1999, dans l'incendie de mon domicile du village de Les Coteaux, non loin du village Les Cèdres, j'ai perdu la majeure partie des nombreux souvenir de Daniel.  Caroline en a quelques uns, elle n'y demeurait plus depuis quelques années et nous avions à un moment donné partagé les souvenirs.  Heureusement, sinon nous n'aurions plus rien du tout.

Bref, je vous remercie.  Daniel vous savez a été mon VRAI premier amour.  Cet enfant m'a fait décrocher de l'égoïsme, il m'a inspiré à partager, à vouloir aider les autres, à s'occuper des autres.  Quand ses frères jumeaux sont venus au monde, il avait presque 3 ans, et ils s'en occupaient comme si c'était ses propres fils.  Si aujourd'hui, Caroline et moi avons des enfants extraordinaires, c'est en grande partie à cause du rôle modèle que Daniel a été pour eux.  Oh Daniel, que tu me manques.  Je t'aime. xxxxx

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Mercredi matin, François, Frédérick et Carolane sont chez nous à Laval.  Les filles ont dormi sur le sofa lit dans le salon du rez-de-chaussé, et les gars dans les lits des chambres à l'étage.

Ils ont vu à quelques reprises à la télévision le reportage du sauvetage de l'accident, suite à l'accident.  Dès qu'ils ont pu mettre la main sur le journal, ils ont rapidement trouvé dans les première page l'article sur l'accident de Daniel.     Je suis dans la cuisine, tout près, et j'entend distraitement l'un d'eux lire à haute voix un extrait de l'article

"Les ambulanciers ont réussi à réanimer le jeune homme, qui a survécu à ses blessures et à sa quasi-noyade. Il a été hospitalisé au Centre hospitalier de Valleyfield, où on ne craint plus pour sa vie. "

Je sais déjà depuis depuis la veille, après avoir reçu les explications du médecin, que ce n'est pas le cas.  Je suis trop lâche de leur dire.  Je préfère m'accrocher à une pensée magique que Daniel s'en sortira, et que je n'aurai jamais à leur "péter leur baloune".  C'est une erreur et j'en suis vraiment désolé.  J'ai été lâche. 

J'ai téléphoné à trois reprises les enfants pour prendre des nouvelles dans l'avant-midi, et pas une fois j'ai pu leur dire la vérité.  Vers 15h00, alors que je m'en revenais de Valleyfield chercher Alexandre, le téléphone entre pour m'aviser que Daniel n'a plus que quelques minutes.  Annie a  téléphoné à la maison pour aviser les enfants que nous n'irions pas les chercher, que nous n'avions plus le temps, que Daniel n'allait pas bien, qu'ils ne pourraient probablement pas le voir de toute façon. 

Alors que nous sommes à 2 minutes de l'hôpital, j'ai alors demandé à Alexandre s'il comprennait ce qui se passait.  Il m'a répondu spontanément " Ça veut dire que Daniel ne s'en remettera pas."   J'ai pu expiré après avoir retenu mon souffle.  Je n'avais pas une autre baloune à péter.

Nous arrivons au chevet de Daniel maintenant libre de la dizaine de fils autour de sa tête, le colet cervical n'est plus là.  La consigne du maximum de 2 personnes ne tient plus, ils sont au moins 10 dans la chambre entassés comme des sardines, et un rideau vert accroché du plafond qui cache une partie de la chambre, tout près des portes patio à son entrée.  Ils ont tous les yeux qui sont sur le point de sortir des orbites. 

Alexandre voit son grand frère, son héros et réalise maintenant l'ampleur du drame.  En entrant dans l'auto à peine une demi-heure avant, il me lançait de sa grasse voix  "il va s'en sortir, c'est écrit dans le journal, tu as tu vu?" et là, il se trouvait devant le cadavre de son frère.  Caroline le prend dans ses bras et lui dit d'une voix en détresse : "lachez moi pas, j'ai besoin de vous autres".  Alexandre vient de comprendre qu'il est le "plus vieux" maintenant, avec les responsabilités qui viennent avec.

Annie vient m'offrir d'envoyer un chauffeur chercher les enfants à la maison et de les apporter à l'hôpital.  Quelle idée géniale.  Digne d'une travailleuse sociale, elle s'occupe de tout, celle que je considère mon âme soeur règle les choses sans même que l'on demande, et que je n'aurais pas pensé tellement que je suis à retenir le volcan d'émotions qui est en ébullition.

Le médecin nous avise de la mort cérébrale de Daniel, et il y a la discussion et ultimement la décision pour le don de ces organes.  L'atmosphère est lourde, pénible. 

Quelques minutes après que tout soit fait, la porte de notre petite chambre s'ouvre, et je vois d'abord Frédérick, ensuite Carolane, et enfin François.  Ils viennent s'assoir alors qu'Annie vient en courant me chuchotter à l'oreille  "ils ne le savent pas, j'ai réalisé ça dans l'ascenseur et je n'ai pas été capable de leur dire".  D'éternelles 30 secondes se passent alors que je les observe tous un après l'autre, dans un silence comme si nous étions à l'église. 

Mme Wendy Sherry est l'infirmière clinicienne qui s'exprime le plus facilement en français, prend alors paroles dans le but d'expliquer aux enfants ce qu'ils doivent s'attendre de voir et en discuter avant d'y aller.  Elle débute avec un "Tout d'abord, mes sympathies".  Silence.  Les enfants, stupéfaits, se regardent tous avec des gros points d'interrogation dans le visage, en se demandant surement de quoi elle parle la madame, et Annie s'empresse de dire à la Mme Sherry "ils ne le savent pas" - d'un regard bouleversé, elle lance un "Oh".   Le coeur voulait m'éclater, j'aurais voulu être une fourmie et aller me cacher derrière une plainte au bas du mur.  Quelle honte.

Mme Sherry va reprendre son souffle, et leur expliquer que leur frère Daniel est décédé.  Qu'il n'a pas survécu à son accident.  Qu'il est maintenu en vie par une machine, qu'il a l'air de vivre mais que son cerveau ne fait plus le travail, ne communique plus avec son corps.  Carolane, assise à ma gauche accotée sur moi éclate alors en sanglot.  Je la colle sur moi et lui frotte l'épaule.  Je regarde François, il a les yeux rougis et il se frotte, se gratte le cou de son bras droit, alors que son bras gauche est raide comme une barre.  Frédérick commence à pleurer et roulant les yeux au ciel.  Moments pénibles.

L'infirmière termine les explications très claires, et invite alors tout le monde à aller voir Daniel.  Nous arrivons dans la chambre, Carolane après quelques secondes à la droite de Daniel, sort en trompe en pleurant.  Je vois Frédérick qui sursaute des épaules avec une tristesse dans son visage comme je n'avais jamais vu.  François a le bras gauche figé le long de son corps, il penche la tête vers la droite à regarder son grand frère qui respire avec le tube dans la bouche.  Même en prenant sa mère dans ses bras, son bras gauche reste le long de son corps, comme s'il était complètement déconnecté.   J'entend Mélissa pleurer mais je ne la vois pas.

Je sors de la pièce aussi, rejoindre Carolane et je la prend dans mes bras.  Elle me sert tellement fort.   Je fais les 100 pas dans le passage,  entre les portes patio et le porte de garde situé directement en face.

Il n'y a maintenant que la dernière fille de Caroline, Maggye, âgée de 7 ans, la miraculée des transplantations coeur-poumons, qui n'a pas vu son héros.    Wendy m'en avait parlé tantot, puisque il y avait un doute, Maggye était venue plus tôt avec ses grands-parents paternels pour voir sa maman, mais elle attendait à l'urgence et en fin de compte n'avait pas été voir Daniel.   J'en discute avec Caroline, répéter ce que l'infirmière m'avait expliqué, qu'il est important pour chaque enfant, même à 7 ans, d'avoir le choix, de choisir ou non de voir leur frère.  C'est primordial dans le processus de deuil et d'éviter la pensée magique ou de la colère de ne pas avoir pu choisir.  Elle acquiesse et téléphone aux grands parents.

Maggye arrive avec ses grand-parents une demi-heure plus tard.  Caroline arrive au chevet de Daniel avec Maggye dans ses bras, je crois que j'ai vu plus souvent cet enfant dans les bras de Caroline que par terre.  Wendy l'a d'abord vue pour lui parler en des mots simples.  Elle est collée sur sa maman, nous sommes une foule dans la chambre.  La toute dernière de la famille s'étire pour regarder ce qui reste de son frère.  Elle a l'air figée et finalement, comme si nous enlevions un bouchon au fond d'un lavabo, elle se met à pleurer.  Caroline lui propose de dire à Daniel qu'elle l'aime, qu'il va l'entendre et sans même attendre, elle lance un timide "ze t'aime" et instantanément comme un aimant, se colle sur Caroline qui n'en peut plus, je le vois dans son visage.  Elle s'assoit avec la petite dans se bras, et se mets elle aussi à pleurer.

Nous en sommes aux derniers moments avec Daniel.  Pour ma part, mon dernier geste alors que j'étais seul avec lui et Emmylou, je lui ai pris la main au dessus de Daniel, je lui ai dit de prendre le chaton noir au ruban d'or, avant de souffler à Daniel un dernier je t'aime pendant que son coeur bat toujours, et un bon voyage. 

Dans quelques heures, il quittera pour une tournée des hôpitaux, sa toute dernière job, sauveteur.

Par Jean François Gagne
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Samedi 31 mars 2007

Cette épreuve est bien difficile à vivre, à survivre.

Alexandre, François, Frédérick et Carolane vous ont lu et ils ont écrit des textes, m'ont-ils dit.  Je crois selon leur vote qu'ils l'apprécient, ils m'ont dit que ça leur faisait du bien de lire, d'écrire et d'en parler de cet hommage à leur grand frère, leur héros durant tant d'années.

En ce vendredi, ces petits Amours sont de retour avec leur maman.  Ils le sont depuis cet après-midi après avoir vider l'appartement de Daniel et d'Emmylou.  En s'y rendant, nous avons pu constater sur les lieux de l'accident, 4 jours plus tard, qu'il n'y a à toute fin pratique plus d'eau ni de neige.  Mauvais moment, mauvais endroit.

Ma demande est la suivante:  Caroline est une brave maman qui doit faire face à l'impensable d'une bien cruelle façon.  La présence des enfants va l'aider grandement.  Je vous inviterais avec insistance de lui écrire pour lui témoigner votre Amour à elle, puisqu'elle en a un cruel besoin pour faire face à cette tragédie. 

EDIT:  Je tiens à le souligner - tout commentaire négatif ne sera pas validé.  Les gens réagissent différemment les uns des autres, et parfois, certains personnes réagissent très mal à la douleur.  On doit apprendre à pardonner, même les pires méchancetés.

Par Jean François Gagne
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Lundi 2 avril 2007

Alors que Daniel était bébé, j'ai dû témoigner à des enquêtes du coroner.   En 1991, une enquête m'avait profondément troublée alors que 7 enfants étaient décédés dans un seul un accident de voiture sur la 401, en Ontario.  C'est la même route du côté québécois, l'autoroute 20, au km 26, près de la sortie "Les Cèdres" en direction de l'Ontario, que cette croix accompagne et rappellera la fin si tragique, de façon prématurée de Dano.

La croix regarde l'est, et sera face à tous les jours au lever du soleil.  Pendant la crise d'Oka, c'était notre plaisir à Daniel et moi de regarder le soleil se lever à chaque matin sur une plage américaine.

J'en ai vu des dizaines de croix aux bords des routes, du Nouveau-Brunswick jusqu'à la Colombie Britannique, dans des dizaines d'états américains.  

Comme plusieurs, on fini par oublier ces "décorations".  Planter une croix, c'est de la torture.  Je vais y penser aux larmes, la souffrance et la douleur qui ont accompagné cette croix quand j'en verrais une. 

Yves, le frère aîné d'Annie, a conçu cette croix en Cèdre avec sa conjointe Diane.  Eux aussi ont 5 enfants et lors de notre visite à Sherbrooke hier, j'ai réalisé à quel point Daniel avait touché tant de gens.   Yves, Diane, je vous en remercie de la part de tous.

J'en ai profité pour visiter au cimetière de cette même ville, la tombe de ma grand-maman qui était décédée le surlendemain de mon 18e anniversaire, juste avant Noël.  Ce deuil m'a pris plus de 5 ans.  Surmonter cette douleur était éternel, tellement je refoulais tout en dedans.  NEVER MORE!

Je souhaite de tout coeur que mes enfants ne vivent pas cette souffrance prolongée, parce que ça taxe la vie.  Ça rend le quotidien très lourd, très triste, très sombre.   Alex, François, Fred et Carolane, je vous aime.  Je souhaite de tout coeur que vous puissiez savourer votre grand frère Daniel, à travers les commentaires que ses amis laissent.  Votre frère est un être exceptionnel, et vous pouvez en être fiers, TRÈS fiers.  Laissez cet Amour vous soigner de toutes vos peines. xxxxx

Par Jean François Gagne
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